Non! non c'est bien plus beau lorsque c'est inutile.(E.Rostand - Cyrano de Bergerac).

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ADELIN !

orpheesanseurydice - 05 Jan 2012

Un passage mémorable en forme de sketch, du débat télévisé imaginaire, passé ou futur, entre les deux candidats à l'élection présidentielle en France.

( Crescendo dans le ton de la voix )

ADELIN !


Adelin !

Ah ! De l'importance énorme de votre esprit obèse,
vous êtes plus imbu qu'une poule de son oeuf de Pâques !

Adelin !

Ah ! De l'intelligence, d'autres en ont été remplie
Mais vous ne risquez pas d'être un jour trop gonflé !

Adelin !

Ah ! De l'inconstance de vos actions sans lendemains,
De vos décisions sans buts,
De vos pensées sans vie,
Vous êtes peu contrit !

Adelin !

Ah ! De l'incertitude où vous plongez les autres,
La France et puis le monde,
Vous vous en moquez plus que Mme Brétancourt,
Des anciens salariés de Boulogne-Billancourt
Qui s'en vont tous mourir
Comme des abeilles déplumées
Trop exploitées à récolter votre miel !
Ils tombent !
De çi ... de là ...
Raplaplas ...
Écrasés de fatigue dans leurs caravanes en planches
Ou quêtant les radis pourris mais gratuits
À la fin des marchés, par terre,
Chez les commerçants ambulants de Deauville !

Adelin !

Ah ! De l'indignité des pauvres petits enfants qui pleurent à la cantine
Parce que leur maman saoule ou leur papa en fin de droits
Du chômage de misère que vous leur dédaigniez,
N'ont pas pu envisager le paiement du premier tiers
De la facture Pantagruélique des repas squellettiques d'il y a trois ans
Pour leurs maigres bambins tremblotant de honte,
Vous en riez, salaud !
Dans les pages du Figaro !
Du Figaro !
Salaud !

Adelin !

Ah ! De l'impopularité de votre gouvernement de branquignols
Dorés à l'or fin 32 carats
Du Luxembourg et des Îles Caïmans réunis
Par le festin des Rois du pétrole,
Vous en avez cure ...
Comme celles, d'ailleurs, que vous faites
Non point comme tout le monde à la Bourboule
Mais dans de couteux, que dis-je, d'onéreux, que dis-je,
De dispendieux Hammams tropéziens
Du grand capital assassin !
Assassin !

Adelin !

Ah ! De l'infortune où vous allez abandonner les caisses de l'Etat,
Vidées par vos bambochages de Milliardaires Russes à Megève,
De Kennedy en vacances perpétuelles,
D'actionnaires !
Et ceci, fuyant comme les Ben Ali
Dans vos jets matelassés de soie du Chili
Et rembourrés par les billets de banques de 5000 Euros
Que vos traders ont volés depuis cent ans
Aux gens qui travaillent, eux, pour rien gagner
En mourrant de fatigue dans leur froidure de bagnards Stakhanoviens,
Vous vous en tapez le coquillard
Autant que le Pape se fou du curé de Saint-Pantaly-D'Ans !

Adelin !

Ah ! De l'indolance de vos progénitures permanantées
Comme Jean Sarkosi autrefois,
Se délassant dans des écoles affreusement privées et financées
Par l'impôt sur les chomeurs tuberculeux,
Privés, eux, d'éducation
Et dont les tristes figures
S'ennuient le dimanche à la Courneuve
Dans des internats de travailleurs sans travail, qui fuient quand il gèle
Et pour qui le chauffage n'a pas été entrevu par l'Architecte aveugle
Lors de la conception de la cabane
Parce que le budget dérisoire alloué par votre clique de pédoncules diamantaires,
Aurait du tout juste suffire
À planter le panneau de basket
Au milieu de la cour qui n'existe pas,
De cela et du reste, vous vous en gaussez grassement à vos terrasses de Palaces en buvant du thé suisse que vous sucrez de vos Louis d'or Monégasques fourrés aux rubis Sans-marinois importés de Singapour et dans lequel vous trempez des gros gateaux au beurre de caviard ! Mais si Adelin !

Adelin ! Adelin !

Ah ! De l'incapacité,
Vous en fîtes un métier !
Sans fatigue et en pente,
Vous skiez sur vos rentes !

Mais quand cesserez-vous
De ne jamais vous taire ?
La télé est à vous
Et le champagne au verre !

À Biarritz en hiver,
Vous nous pensez des ânes
Et allez, complotant
Vos programmes en panne !

Adelin !

Trop, c'est trop !
Je vous le dis en face !
Tous veulent du boulôt
Et vous mangez des glaces !

Vous paradez !
Fumier !

Adelin !

Le trop riche !
Sur le dos des malades !
On en a plein les miches
D'entendre vos salades !
Qu'allez-vous me répondre ?
Vous, le menteur muet !
Adelin ! Adelin !
Vous le loup ! Moi le daim !

C'est la fin !
Vous partez !
Adelin !
Vous fuyez !
Je vous écoute enfin !
Pour vous, tout est foutu !
Je ne vous aime point ?!
On ne vous aime plus !
Ils ne vous aiment pas !
Le savez-vous ou pas ?

( un silence ...)

Oui ! Hen ben, moi non plus !
Je m'en vais ! Et voilà !
Car j'en ai assez vu !
Entendu de cela !
Je pars sur mon cheval !
Tel un chevalier blanc !
Et vous, comme Hannibal !
Vous êtes en éléphant !
Je reviens au château
Pour diner de lingots !
Car, si je puis le dire !
Vous ne me faites rire !
Vous n'avez pas, Monsieur !
Un monopole au coeur !
Moi, aussi, ça m'émeut !
Tous ces enfants qui meurrent !
Je file ! Oui ! Je pars !
Faire mes safaris !
Vous, Bambi, Moi, guépard !
Adieu ! Et ...
" Au revoir " !

( Résonne la Marseillaise ! )



© THIERRY LAURIER 2011



www.suronirisme.com

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_______________________________________________
charlesattend a écrit:
Faut le lire en plusieurs fois, mais visiblement, il est tres vénère, orpheesanseurydice
_______________________________________________
marsupilamie a écrit:
t'aimes pas le basket ?



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