Humour et dérision à tous les étages. Maison fondée au siècle dernier.

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Annie : mâle étrange...
J’ai autrefois pratiqué le « chat » dans le but de trouver une jolie minette. Une belle pouliche, mais qui aurait de l’esprit, une petite puce sans araignée au plafond, une charmante poulette rusée comme un renard, voilà qui me rendrait heureux comme un pinson, pensais-je alors.

Il était tard, ce soir là (même pour les grenouilles de bénitier). J’avais accompli un véritable travail de fourmi et déniché la perle rare. Nous avions discuté des heures en ligne, et aussi une faim de loup. Rendez-vous fut donc pris au Lion d’or, un restaurant réputé chez les doryphores (sobriquet désignant les Lyonnais en région Rhône-Alpes). Je l’aurais bien invitée chez Loiseau (considérant ce qu’elle m’avait dit de son appétit), mais cela faisait un peu loin de mon petit nid douillet du moment. Et comme je roule à allure d’escargot (bien que j’aie un tigre dans le moteur de ma Panda), faisant très attention aux poulets, cela aurait été un tort, tu vois, de trop m’en éloigner, sachant que je ne comptais pas peigner la girafe à l’issue de la soirée.

Je m’étais mis sur mon 31 (même si c’était seulement le 9), portant le bouc et un costume (également neuf, d’autruche, en gris et col vert) de chez Armani – mâle, très mâle... Je voulais lui faire un effet bœuf. J’avais une fois déjà fait l’âne au Mali, en voulant courir un lièvre qui s’était révélé être un vrai chameau. Elle m’avait rendu chèvre, cette chienne qui pourtant avait du chien, à force de vouloir me faire avaler des couleuvres. Elle avait prétendument un hongre d’Amérique qui s’était fait canarder récemment, et elle devait toucher l’héritage si la veuve noire cassait aussi sa pipe. Dénoncée par un corbeau, elle avoua plus tard : « Oui, c’est vrai… enfin, non, c’était faux. Jument comme je respire… ». J’avais donc perdu mon état long malgré son corps beau. Elle a régné autrefois sur mon cœur, mais c’était fini, terminé désormais.

Cette histoire m’avait foutu le cafard. J’avais le bourdon et une fièvre de cheval pour couronner le tout. J’avais perdu l’appétit et on disait alors de moi que j’étais gros comme un asticot au régime. Moi qui auparavant (chinois, chez toi aussi) aimait faire le zèbre, qui était doux comme un caniche, innocent tel l’agneau qui vient de naître, j’étais devenu aigri et me consacrais désormais au travail. Je devins un requin de la finance, un jeune loup aux dents longues, prenant les autres pour des veaux, les traitant de moutons de Panurge et me moquant d’eux avec un rire de hyène. Je me comportais comme une vraie peau de vache, ne versant même pas des larmes de crocodile devant le triste spectacle du suicide d’une nonne amoureuse, qui, en ayant marre (de la vie et des autres marques de peinture) avait plongé dans l’homophone : vois la, l’amante à l’eau, l’amante religieuse, une jeune fille déçue qui était rentrée dans les ordres à cause d’un abruti qui ne valait caïman pas un pet-de-nonne. Comme quoi, ça existe un pet qui noie.

J’étais alors méchant et insultant : « Tu sais que tu pues, toi ? Tu as l’haleine d’un mouton. Un vrai petit cochon et on verra ce con, verrat ! », disais-je dès que j’avais quelqu’un dans le nez (et il y avait de la place dans mon pif de fouine). Pourtant, c’était moi le gros porc (d'hamster dame) muni d’une langue de vipère trop bien acérée. Les autres avaient rarement voix au chat pitre, c’était souvent moi, la mouche du coche. Une mouche amère de bleus à l’âme…

Un homme de l’oie de mes amis (les rares qui me restaient fidèles, comme la scie égoïne à qui je devais un chien de ma chienne suite à un accident de bricolage), m’avait conseillé une cure de sommeil pour oublier les gazouillis de ma gazelle trompeuse. Au cours de cette thérapie, je devais regarder des films comme le Crabe-Tambour ou le Faucon, relire Corneille jusqu’à en bailler ou écouter les tubes de Jean-Michel Jarre en chantant les paroles (peu importait si j’émettais quelques canards) afin de m’endormir comme un loir. Ça me changeait de Serge Lama et Bernard Minet ! Le traitement coûtait bonbon (car le loir est cher), mais était vraiment efficace. Je roupillais comme une marmotte la plupart du taon. Je parvins presque à oublier complètement ma biche et sa paire de bichons (ses deux petits compagnons qu’elle emmenait partout) malgré ma mémoire d’éléphant.

J’allais déjà mieux et repartis donc à la chasse au dahu à l’aide de ma souris. C’est ainsi que j’ai rencontré Annie sur la toile. Et là, je l’attends au restaurant pour notre premier rendez-vous en dehors de la virtualité, scrutant la salle de mon regard d’aigle (composé d’un œil de lynx, l’autre étant de perdrix). Je savais d’elle que Nicolas Poussin était son peintre préféré et que sa famille était originaire du Royaume de Siam, plus précisément de l’Issan, une région couvrant le Nord-Est de la Thaïlande et le Laos : elle devait être facile à repérer, ma siamoise !

Je la vois arriver à l’entrée de l’établissement, et lui fais coucou de la main. Taille de guêpe, dos fin, œil de biche, pour sûr, elle est très chouette et je ne reste pas de boa (je bande déjà comme un taureau, et pourtant, je suis Gémeaux). Je vais à sa rencontre et lui propose de prendre un ver au bar en guise d’apéritif. Elle me répond avec son petit accent exotique : « Oh, non, zébu déjà, et quand zébu, z’ai plus soif ! ».

Je suggère donc à Annie de passer aux choses sérieuses, et à table pour commencer. Je hèle le garçon qui cocotte plus qu’une poule de luxe et s’avère être plus familier qu’un fourmilier :
« Oh, hibou d’impatience le petit monsieur avec sa jolie sauterelle, qu’est ce qu’ils veulent manger ce soir ? ».
Je commande des cuisses de grenouille (j’ai toujours voulu en avoir une paire pour mieux jouer à saute-mouton) et ma compagne s’enquière de la qualité des plats de poissons et crustacés.
« La lotte est Garonne, comme Jesse » précise le serveur.
« Normal, c’est lundi… » ajoute t’il.
Annie apprécie le rustre :
« Il faut savoir manier la langue… Ouste !, lui dit-elle, pour faire ces jeux de mollah. Homard, pour moi ! ».
« Comme vous voulez, madame, moi, je vous aurais plutôt conseillé un chaud lapin, mais le client est roi et la cliente bouchée à l’arène ! ».

Sa commande passée à ce jeune coq prétentieux, elle revient à l’âne que je pense être à ses yeux à ce moment là. J’ai toujours été un peu manchot avec les filles, mais elle me rassure : « Je te réserve la part du lion, mon bel ours mal léché, d’ailleurs, je vais remédier à cela aussi dès la fin du repas ».

Excité comme une puce, j’avale mon plat en moins de deux (j’ai été volé sur la paire) et propose à mon asiatique :
« On monte là-haut, chienne ? » car je sais que le restaurant dispose de chambres à l’étage. D’accord, me dit cette souris jaune.

Hélas, je me rends vite compte qu’en fait de souris, il s’agissait d’un rat beau. Médusé, j’avais dragué une Annie mâle.

C'était une histoire vraiment très bête, ça oui !


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Leela à écrit:
Même le titre est parlant ;)
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obsede-textuel à écrit:
Ben, le titre... je n'étais pas trop sûr, en fait... cela gâche un peu le suspens. Je ne sais pas : peut-être "une bête histoire" aurait été mieux...

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K. à écrit:
Question subsidiaire : combien de noms de pays apparaissent dans le texte ?
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K. à écrit:
Question subsidiaire : combien de noms de pays apparaissent dans le texte ?
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obsede-textuel à écrit:
K., faut-il répondre 2 fois, même s'il y a des noms en doublon ? K., faut-il répondre 2 fois, même s'il y a des noms en doublon ?
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Attention, avec cette signature, si on la double aussi, on n'est pas dans le K.K. (enfin, si !)
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typyk à écrit:
tu sais quoi... c'est super bien mais c trop long.
si tu faisais des textes plus court, tu serais plus lu. car tu as du style.
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obsede-textuel à écrit:
C'est gentil typyk ! Merci...
(ça va, c'est assez court là ?)

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Oliviheyy à écrit:
J'ai découvert ce site il y pas longtemps sur Mitose.net et j'aprécie vraiment tes textes, celui la est exelent.
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Nikos a écrit:
C sur que le titre parle de lui mm donc on s'attend à la fin.... Mais l'histoire superbement remplie de jeux d' (ani) maux...
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Chietas a écrit:
Combien de fois aussi me prit-on pour une rosse,
Alors que je ne suis même pas une roule ta bosse;
La coquille de l'huitre ne la rend ni commestible, ni plus belle... Mais l'un envers l'autre sont essentiels...
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charlesattend a écrit:
Tout y passe! c'est remarquable , un vrai chef d'oeuvre :une pépite, digne de la pléiade !
Mr le Zob Cédé Textuel : Ranime toi et donne de tes nouvelles !

PS : Chef : Grave certains textes dans le marbre !
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bonbonze a écrit:
ça fait longtemps qu'il est parti l'animal.
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charlesattend a écrit:
Mais il n'est pas mort , non ? il a peut etre encore un ordinateur...
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bonbonze a écrit:
Aux dernières nouvelles, Il était partit en Asie du sud est et n'avait plus de net...
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bonbonze a écrit:
Tiens, ça c'était son blog : clique-ici



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