хороший бонза из мягкой карамели!!

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Rues tranquilles
C’était une soirée d’été, une de ces douces fins d’après-midi où la moiteur s’atténue et qu’on peut enfin sentir la brise envahir les rues. Je rentrais tranquillement chez moi, profitant du beau temps et du magnifique coucher de soleil qui s’écrasait sur les toits. Je pensais : c’est chez moi, ici. C’est peut-être une petite banlieue paumée, mais là, tout de suite, je l’aime. C’est ces petits moments de poésie urbaine qui vont font voir les choses autrement. C’est chouette.
Les écouteurs bien calés sur mes oreilles, je me suis laissé guider par la légèreté, et je battais légèrement du pied en sortant du métro. Les gens mes regardaient, et ils étaient contents, pour moi, pour eux et pour cette belle journée.
Je revenais du cinoche, j’avais vu un super film, vachement triste mais super. J’y étais avec ma copine, du coup j’ai manqué la moitié du film pour l’embrasser, mais je m’en foutais. C’était l’été, je me sentais bien.

Souvent, en été, le mauvais temps tombe très vite, plus vite que la nuit même. En cinq minutes, le ciel peut se couvrir de nuages, et vous vous retrouvez à courir sous la pluie battante, vous protégeant avec votre veste, et vous n’avez pas compris comment c’est arrivé. C’est presque toujours comme ça que les choses m’arrivent.
Là, j’ai entendu une voix m’appeler. Assez fort, vu que j’avais mon baladeur sur les oreilles. Enfin, on m’appelait pas, c’était plus une interjection, et quand on entend ce genre de trucs, on se retourne, normal. Bin, j’aurais peut-être pas dû.
La première chose que j’ai remarqué, c’est que j’étais dans une petite rue. Toute petite. Et puis j’ai vu que j’étais tout seul dans la rue ; il y avait juste un petit vieux à l’autre bout, presque disparu, et une fille à sa fenêtre. Et en face de moi, quatre grands types, l’air pas franchement amical, qui me regardaient.
Bon, garde ton calme, je me suis dit. Le truc, c’est de ne pas fuir, d’être calme, normal, de discuter. Pas de violence hein.
- Hé, toi ! me relança le type.
- Ouais ? je répondis.
- Viens voir.
- Bin, c’est à dire, je suis pressé et ...
- Allez, viens voir il te dit ! renchérit un de ses potes, d’un ton très rassurant pour mon futur proche.
Je vins voir, donc. Le type m’a chopé par l’épaule, et là j’ai su que j’étais mal. La fille à son balcon a commencé à nous invectiver :
- Eh, laissez-le !
- Toi, ta gueule. On t’a rien demandé.
- Connard, j’appelle les flics !
- Bah c’est ça, appelle-les !
J’aurais préféré qu’elle descende m’aider, mais bon. Elle a refermé ses volets violemment, et je doute qu’elle ait décroché son téléphone.
- Dis moi, continua la type comme si de rien n’était, c’est quoi que t’écoutes là ?
- C’est, euh, ça va pas te plaire...
- On se connaît ? Non ? Alors tu me tutoies pas. Passe moi ton truc.
- Mais, euh…
- Passe, j’ai dit.
La brute m’a arraché l’écouteur des mains et l’a fourré dans son oreille à la propreté douteuse. J’essayais de pas trop y penser. A ma grande surprise, il a commencé à dodeliner de la tête ; et puis il m’a rendu l’écouteur.
- T’avais raison, j’aime pas. Bon. T’as quoi dans tes poches ?
- Euh... rien, rien...
- Laisse moi voir.
Un de ses potes m’a palpé comme l’aurait fait un flic, et a sorti mon portefeuille, garni de billets, et mon portable.
- Pourquoi tu me mens ? Tu veux des emmerdes ou quoi ?
- Non, non !
- Alors pourquoi tu me mens ? T’as envie que je te frappe ?
- Euh, non.
- Fais gaffe, tu déconnes pas avec moi. On est quatre et t’es tout seul, tout petit, alors la ramène pas, sinon j’te casse en deux. Bon. T’as l’heure ? Et me mens pas, t’as une montre, je le sais.
En effet, j’en avais une. Bon, de toute façon je suis foutu, alors autant coopérer et je m’en sortirais sans baffes.
- Six heures moins le quart.
- Déjà ? Bon, dis-moi mon pote, tu peux pas me dire où c’est la rue de L’Église ? J’ai un rencard et j’suis paumé, là.

- C’est vraiment naze ce que t’écoutes ! Comment tu t’appelles, au fait ?
- Euh, Arthur.
- Moi c’est Taz.
- Euh, enchanté.
- Ouais, ouais. Allez, salut, et merci du renseignement !
Ils partent. Je reste comme un con sur place, puis j’ai le réflexe de tâter mes poches. Mais non, il manque rien. Je les regarde s’éloigner, comme un groupe d’éléphants piétinant des pâquerettes sans faire attention. Au loin, ils bousculent une petite vieille, et s’arrêtent pour l’aider à ramasser ses provisions. Je surveille, des fois qu’elle ferait pas une crise cardiaque. C’est vrai que c’est tellement étonnant, les gens polis, de nos jours...

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