On m'a dit qu'il y a des régles poétiques
A respecter si l'on veut que les poètes tiquent
On m'a dit qu'il fallait faire des vers et des rimes
Mais je n'ai rien compris, étaient-ce les primevères ?
Car lors des primevères, il se trouve qu'on me brime
Ayant les os brimés, je ne sais plus penser
Mais l'on ma dit que je n'écoutais pas assez
Je ne demande rien, mais l'on m'y a forcé
Je ne suis pas bien doué, force est d'le constater
On m'a dit "fais des rimes, émerveille les gens"
Alors qu'ils désiraient célébrité, argent
Je ne peux protester, je suis bien trop sensible
Je n'ai visé personne, je suis un homme sans cible
On m'a dit qu'il fallait de temps à autres couper
Faire des paragraphes, tant coupés que vautrés
Il paraît qu'il ne faut pas trop (et bien) parler
Que dans le cas contraire, c'est trop bien vouloir faire
Contres ères et années, je tente de résister
Mais vraiment, j'ai beau faire, vous, loirs, me brimez
Et vous savez trop bien ce qui se passe ainsi
Je suis un opprimmé, du pain si je suis sage
Mais primo, j'en veux point, de plus je suis singe
Mes galipettes scéniques n'ont rien à vous envier
C'en est trop, arrêtez, ouvrez moi le passage
Bien sûr je n'suis pas sage, je préfère être assis
Plutôt que debout et étendant bien le linge
De mes connaissances (qui sont d'ailleurs peu fiables)
J'en peux plus d'être ainsi, j'en peux plus d'être affable
C'est pourquoi sans un mot, je vous quitte, assez !

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