humeur du 8 juin 2002
n allant bosser, l'autre matin, et passant dans une rue calme, mon attention fut attirée par un moineau. Un tout petit moineau. Il était perché sur le faîte d'un portail et me regardait passer avec une attention soutenue. Ça peut pas sourire un moineau, un bec c'est pas assez souple, mais celui là semblait quand même se marrer, se foutre carrément de ma gueule. Je pouvais lire dans son attitude un mépris certain envers les hommes en général et moi en particulier. Son regard semblait dire: "Qu'est-ce que tu fous à t'agiter comme ça ? Pourquoi tu cours résoudre des problèmes qui ne sont pas les tiens ? Regarde un peu, je suis là à me dorer la pilule au soleil, j'attends le moucheron qui passe pour mon petit déjeuner, pas de stress, pas d'énervement, la vraie vie quoi !"
"Bof !" Que je me suis dit ! Je me suis arrêté et je l'ai regardé bien en face. Est-ce qu'une vie de moineau était plus enviable que la mienne ? C'est sur que c'est moins compliqué, plus basique. Pas de palabre, pas de codes de conduite à respecter pour être accepté parmi les siens.
J’étais en train de me justifier auprès d’un moineau. J’ai pas choisi d’être ce que je suis, lui non plus. On est comme la vie vous fait. On avance sur des rails en s’imaginant qu’on a le pouvoir d’arrêter le train, on pense même qu’on à la maîtrise des aiguillages. Ben non ! Pas beaucoup de choix. Des aiguillages, y en a pas. Des freins non plus. C’est pas un train en fait, c’est une barcasse qui dérive au gré des courants d’un long fleuve pas tranquille du tout.
Salaud de moineau, il m’avait gâché ma journée. Je suis reparti déprimé. C’est en arrivant au bout du mur que j’ai vu le chat, planqué sous des feuillages et progressant lentement, très lentement. Ça m’a remonté un peu le moral.
Le bon bonze
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